Protocole 04 / 05

Châssis métallique : prescription et empreinte

Ce que le laboratoire doit recevoir, de l'étude à l'empreinte, pour concevoir et fabriquer un châssis métallique.

Ce document décrit les informations dont le laboratoire a besoin pour fabriquer. Il ne contient aucune indication thérapeutique : les gestes cliniques, l'indication et le choix du matériau relèvent du praticien.

Objectif : réunir ce dont le laboratoire a besoin, de l'étude au montage des dents, pour fabriquer un châssis métallique (CrCo) sans aller-retour évitable.

Pour qui : chirurgiens-dentistes et assistantes qui préparent un dossier de prothèse partielle amovible à châssis.

Pourquoi c'est déterminant

Le châssis est conçu à partir de ce que le laboratoire reçoit : l'empreinte, l'occlusion et la prescription. Une étude brésilienne sur 90 modèles de travail issus de trois laboratoires a relevé que 51 % arrivaient sans aucune indication de conception. Environ la moitié présentaient des plans de guidage et des zones de rétention jugés inappropriés (Farias-Neto et al., Brazilian Journal of Oral Sciences, résumé de l'étude).

Le protocole en 8 étapes

  1. Étude et tracé. Le praticien décide de la conception. Le laboratoire a besoin du tracé souhaité (connecteur, appuis, crochets, selles) sur schéma ou sur modèle d'étude.
  2. Dents supports. Ce que le laboratoire doit retrouver sur l'empreinte : logettes d'appui nettes, plans de guidage lisibles, contours fidèles des dents piliers.
  3. Empreinte. Détails dentaires, fond de vestibule et zones d'extension distale restitués. Précisez le matériau et le porte-empreinte.
  4. Rinçage, désinfection, envoi. Rincez, puis désinfectez selon la fiche du fabricant du matériau (recommandation SDCEP). Mentionnez « désinfecté » sur le bon. Envoyez ou coulez sans attendre, surtout pour l'alginate.
  5. Occlusion et teinte. Joignez un enregistrement d'occlusion exploitable, la teinte et le type des dents artificielles.
  6. Étude au laboratoire. Coulée du modèle, analyse, conception 3Shape ou exocad, impression de la maquette en résine calcinable, coulée CrCo. Si la prescription laisse un choix ouvert (tracé, appuis, crochets), le laboratoire tranche selon les règles de l'art et l'indique sur le bon : vous validez à l'essayage.
  7. Essayage du châssis, si vous le demandez à la prescription : assise des appuis, adaptation, occlusion.
  8. Montage des dents, essayage esthétique, finition.

Envoi. Utilisez de préférence la plateforme de votre scanner (3Shape Communicate, Medit Link, Dexis, iTero), qui conserve le dossier du cas. À défaut, envoyez le fichier STL à cfaoinnodentaire@outlook.fr avec, en objet, uniquement la référence du cas. Contact général : innodentaire@outlook.fr. Téléphone : 07 57 52 89 02 ou 03 21 81 27 35.

Confidentialité des données patient. Le laboratoire a besoin d'identifier le cas, pas le patient. N'indiquez ni le nom, ni le prénom, ni la date de naissance, ni le numéro de sécurité sociale : utilisez une référence de cas propre à votre cabinet, y compris dans le nom des fichiers. N'envoyez pas de photo du visage par la messagerie ordinaire : transmettez-la par la plateforme de votre scanner ou appelez-nous au 07 57 52 89 02 avant l'envoi. Vous restez responsable de l'information de vos patients sur la transmission de leurs données au laboratoire.

La prescription idéale

  • Praticien, référence du cas (sans nom du patient), coordonnées, date de retour souhaitée.
  • Arcade concernée, classe de Kennedy et modifications éventuelles.
  • Tracé ou souhaits de conception (connecteur, appuis, crochets, selles, plans de guidage).
  • Dents à remplacer, dents piliers, dents à ne pas toucher.
  • Extractions ou travaux fixés prévus avant ou après le châssis.
  • Teinte et type de dents, base résine souhaitée.
  • Matériau d'empreinte, date de prise, mention de désinfection.
  • Type d'occlusion fourni et étapes demandées (essayage du châssis, du montage).
  • Pièces jointes : schéma, photos, modèle antagoniste, fichier STL le cas échéant.

La déclaration de dispositif sur mesure (règlement UE 2017/745) repose sur une prescription qui identifie le prescripteur.

Empreinte physique ou scan : contraintes techniques

Empreinte physique. Dans une étude comparative (Samra et Bhide, 2018), les déviations dimensionnelles de l'alginate après glutaraldéhyde atteignaient environ 2,4 %, contre au plus environ 0,65 % pour un silicone par addition. Les alginates y étaient coulés dans les 12 minutes, les silicones après une heure. Le choix du matériau reste celui du praticien. Les consignes du fabricant priment.

Scan intra-oral. Un scan donne un fichier STL. Une revue systématique sur l'arcade édentée rapporte des écarts plus importants aux bords périphériques et au voile (Srivastava et al., 2023, résumé de l'étude). Elle porte sur les prothèses complètes, pas sur les châssis. Le laboratoire accepte le scan, y compris pour une extension distale.

Erreurs fréquentes

  1. Dossier sans tracé ni indication de conception.
  2. Logettes ou plans de guidage absents ou illisibles sur l'empreinte.
  3. Bords ou fond de vestibule incomplets, porte-empreinte souple.
  4. Désinfection non indiquée, ou alginate laissé trop longtemps avant la coulée.
  5. Occlusion enregistrée sans support stable ou sans précision sur les antagonistes.

Questions fréquentes

Faut-il envoyer un schéma si le tracé est déjà noté ? Un schéma ou une photo du modèle évite les erreurs d'interprétation. Il n'est pas obligatoire. Le laboratoire s'en sert pour vérifier sa conception.

Alginate ou silicone ? Ce choix relève du praticien. Le laboratoire demande que le matériau soit précisé sur le bon, avec la date de prise.

L'essayage du châssis est-il obligatoire ? C'est une étape que le praticien peut demander à la prescription. Elle permet de contrôler l'assise et l'occlusion avant le montage des dents.

Voir aussi

Ce protocole décrit les informations utiles au laboratoire. Il ne remplace pas le jugement clinique du praticien.

Sources